La Coiffeuse AfroNantaise qui à le sens des affaires. Par Ouest-France 12/19

La Coiffeuse AfroNantaise qui à le sens des affaires. Par Ouest-France 12/19

Baratou, c’est le prénom de cette femme d’affaires qui tient un salon de coiffure afro, route de Vannes. Et c’est le nom de la marque de perruques qu’elle s’apprête à lancer.

Portrait.

« J’ai bien essayé de faire autre chose, mais la coiffure, c’est ce que j’aime et ce que je sais faire de mieux. » Les heures passées debout les doigts à tresser, tisser, démêler, dompter des tignasses, Baratou ne s’en lasse pas. Une cliente et amie, depuis « le pays », dit d’elle qu’il y a vingt ans, déjà, à Bambeto, le quartier de Conakry, en Guinée d’où elles sont toutes deux originaires, Baratou était connue et reconnue pour son savoir-faire capillaire.

La trentenaire avait quitté son Afrique natale pour s’établir d’abord en Espagne, puis en 2009, à Nantes, où elle a commencé par travailler dans un salon afro du centre-ville. Depuis trois ans, elle a ouvert son propre salon, au 108, route de Vannes. Elle y emploie deux, parfois trois personnes. « La demande a explosé ces dix dernières années, même si on n’est pas dans une culture du cheveu afro aussi forte qu’aux États-Unis, où je rends souvent visite à mes parents », explique cette maman d’un fiston aujourd’hui majeur. Elle déplore qu’il n’y ait pas encore d’école pour former à cette spécialisation dans la région.

Peigne planté dans sa perruque blond platine, robe moulante, baskets aux pieds, Baratou ne chôme pas. Elle se plaint des charges patronales, mais ne regrette pas d’être passée du statut de salariée à celui d’entrepreneure. Au salon, elle gère tout : des commandes de produits à la prise de rendez-vous. Elle est au téléphone avec une école de coiffure qui essaie de placer une stagiaire, tout en tissant une tête, s’interrompant toutes les dix minutes pour remettre un colis à un client…

Marque de postiches

Le salon, baptisé America Shop Hair, est aussi un point relais de livraison et un site de transfert international d’argent. Depuis peu, il y a un bar à manucure. Un coin est dédié aux messieurs. « J’ai beaucoup de clientes au Breil… Et pas que des Africaines ! », dit-elle fièrement.

 

 

La cheffe d’entreprise a sa réputation : certaines clientes refusent d’être coiffées par quelqu’un d'autre qu’elle.

Baratou travaille beaucoup. Ce n’est pas près de s’arrêter puisqu’elle lance sa marque de postiches. Un lancement prévu officiellement samedi, avec traiteur africain, DJ, défilé de mode et BlackMo, un rappeur du cru.

Contact. Tél. 02 28 43 18 17 www.baratou.com.

Doucement Ouest France